par Jean Desbiens
31 mars 2006 - C’est l’histoire du gars qui fait rouler sa vieille Jetta avec de l’huile à patates frites qui provient du restaurant du coin, on lui donne même généreusement ce précieux carburant. Si vous voulez faire comme lui, lisez cet article.
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Oui, l’histoire est vraie. Oui, vous pouvez le faire, mais certaines mises en garde s’imposent. Il faut d’abord connaître la mécanique, car le moteur devra être démonté pour des nettoyages fréquents. En revanche, il n’y a aucune modification au niveau mécanique à effectuer au moteur. Le défi principal est la production du fameux biodiesel, car on ne verse pas directement l’huile végétale usagée dans le réservoir. Après plusieurs étapes de filtration de l’huile, on la fait chauffer dans un réacteur chimique, sorte d’alambic qui sert de catalyseur. On chauffe deux heures au point d’ébullition en brassant pour recueillir l’alcool de bois et l’eau qui ne servent à rien pour la combustion. À la fin du processus, on obtient un alkyde (alkyl esters), que l’on refiltre et que l’on mélange avec du diesel minéral — ceci est obligatoire pour le bon fonctionnement du moteur. Pas besoin d’être un docteur en chimie pour le faire, mais c’est beaucoup de manipulations. Il faut aussi ajouter des additifs de lubrification supplémentaires pour compenser l’état trop « sec » de notre mélange. Une dernière mise en garde pour les températures d’utilisation : des problèmes peuvent survenir à des températures de –10 degrés Celsius et moins. Évidemment, une odeur de « cabane à patates » flottera de façon permanente dans l’habitacle, et vous en ferait profiter d’autres automobilistes qui vous suivront de trop près. Mentionnons qu’en Europe la compagnie Volkswagen permet aux utilisateurs de biodiesel de bénéficier des garanties offertes à l’achat de leurs véhicules, ce qui n’est pas le cas chez nous. Alors chimistes en herbe, à vos alambiques et commencez avant tout le monde le recyclage des vieilles huiles à cuisson pour la bonne cause! Les renseignements ont été fournis par le prof Berthiaume, de la compagnie Oleotek.
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